lundi 27 août 2018

Le rôle des pouvoirs publics dans l'éducation. M. Friedman


L'extrait  ci-dessous présente la conviction d'un  grand  inspirateur du libéralisme  sur l'importance de l'école publique dans l'uniformité et la cohérence  de la société. Contrairement à ce que beaucoup d'acteurs politiques essaient de faire passer comme réalité , pour dire que la tendance de l'école privée à dominer l'école publique dans son rôle d'éducation et d'enseignement est toujours prônée et appuyée par la doctrine libérale .


Extrait du livre ""Capitalisme et liberté "" page 160 , Milton Friedman .
Sans titre

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lundi 6 août 2018

ET SI JOHN NASH ETAIT MAROCAIN? chronique de : Abdelhay Habibi.


 
ET SI JOHN NASH ÉTAIT MAROCAIN? chronique de : Abdelhay Habibi. Écrit le 22/11/ 2016


La théorie des jeux est une discipline magique. Il faut avouer que je n’ai jamais entendu parler de cette branche mathématique, que durant cette formation de master en économie appliquée, qui s’annonce beaucoup plus ''appliquée'' qu’elle l’a été tout au long de l’année dernière. Le professeur de la matière nous a parlé d’un certain JOHN NASH, auteur d’un équilibre qui a complètement bouleversé le cours de l’histoire de la science économique. La logique de son raisonnement réside dans l’aboutissement à un compromis social, duquel – le cas échéant – personne n’aura intérêt à dévier.
Il s’agit d’une idée géniale émanant d’un esprit d’exception, et d’ailleurs, le long métrage qui incarne la vie de Nash est intitulé ‘’ un esprit d’exception’’. Le professeur nous a suggéré vivement de le chercher pour se faire une idée sur la vie personnelle de ce prix Nobel, le grand NASH. En effet le quotidien d’un homme de cette envergure ne doit pas correspondre au notre. Il doit y avoir quelques choses de différent, d’exception. Je n’ai pas perdu de temps, une petite requête sur Google et me voilà en possession du film en version VF. J’ai assisté au film avec toute mon âme, les nerfs tirés et les yeux grand ouverts.  
Deux heures après, et c’est un lourd silence qui vient s’installer dans mon esprit. Il s’agit d’un goût amer qui s’empare de ma salive et me donne un sentiment d’avoir une fièvre atroce. Je viens de faire la découverte d’un Nash misérable. Un Nash qui porte une âme ravagée par le démon ; le destin s’est montré complètement impitoyable à son égard. Sinon comment peut-on comprendre qu’un homme qui a illuminé le sentier de toute une communauté scientifique, soit, au niveau personnel, engouffré dans un tunnel de ténèbres et de malheurs sans issue. Comment est-ce qu’une telle intelligence, un tel talent, qui a réussi à mettre en cause les certitudes de SMITH, et contredire ses convictions à propos de la supériorité de l’intérêt individuel sur l’intérêt public ne parvient pas à faire face à un petit problème de mémoire et des souvenirs.
Je crains que le pauvre Nash ne soit frappé par la colère des Dieux de malheur. Il faut bien rappeler qu’il est allé plus loin en résolvant le dilemme du prisonnier, en parvenant à un équilibre qui n’arrange finalement que les deux criminels, en leur épargnant la peine capitale. C’est une sorte de douceur et de clémence envers deux misérables criminels qui n’est pas tolérable par les pouvoirs divins, qui ont frappé le pauvre Nash avec toutes leurs forces. La schizophrénie.
La schizophrénie cette maladie bizarre entraine notre économiste dans un processus de douleurs et de souffrances atroces. Mais, il faut bien le reconnaitre, les douleurs physiques n’ont rien de comparable avec la tribulation de son esprit qui lui fait confondre le réel et l’imaginaire. 
Le malheureux Nash est atteint par la Schizophrénie, c’est une façon très élégante pour ne pas dire franchement la folie. Le démon a dû ravager son esprit et jouer avec ses neurones. Et pour le ramener à la raison et dompter son cerveau qui bouillonne tout le temps ; les médecins lui ont fait avaler toute la détresse du monde en le soumettant à de longues séances d’électrification intense.  
Pourtant, le grand Nash a su, comme à l’accoutumé, surmonter ses peines et ses chagrins sain et sauf ou presque. Et ce, grâce à sa grande intelligence qui l’a amené à comprendre que les compagnons de son hallucinatoire ne sont que des personnages imaginaires inventés par son esprit dérangé et troublé. Son raisonnement de génie est très pertinent, il a compris que ces personnages ne grandissent pas. Oui, l’âge et les années qui succèdent ne semblent pas provoquer aucun changement sur leur aspect physique. Mais le deuxième facteur est beaucoup plus crucial que le premier ; il faut dire que sa femme a joué un rôle décisif dans sa guérison ; c’est une ‘’ vraie’’ femme, qui lui porte dans son cœur tout l’amour du monde. Il le tenait avec toutes ses forces et ses larmes. Elle a tout de suite compris que cet homme merveilleux a le droit d’être soutenu non pas par elle seule, mais par le monde tout entier, qui bénéficiera sans doute de ses apports dans la recherche scientifique.
Je n’aime pas les USA, et je suis convaincu que sa découverte est la plus désastreuse des erreurs humaines. Quelques choses comme le SIDA et L EBOLA. C’est un pays qui a façonné toutes les valeurs et toutes les belles choses de la vie. Il finira sans doute, appuyé par son modèle de vie, sa technologie de pointe et surtout son arsenal d’arme et son arrogance, par la destruction du monde. Il entrainera l’apocalypse et précipitera l’anéantissement de toute sorte de vie sur terre.
Malgré ce constat subjectif, qui relève de mes convictions, je suis persuadé que Nash doit être privilégié par les forces de la nature en étant américain. Pourtant on peut pousser l’imagination au-delà de la réalité, pour accorder à ce même Nash une autre nationalité. Et si Nash était marocain ? Peut-être son état serait diagnostiqué d’emblée et sa maladie serait facilement désignée : la folie. Personne ne se casserait la tête à fouiller dans un jargon médical très compliqué, qui ne changerait rien du constat établi. Nash est fou, et sa place naturelle c’est Boya Omar, sa femme –une marocaine bien sûr – l’y aurait transporté au premier crépuscule de l’aube, à l’abri des yeux  bourrés de curiosité  de ses petites voisines..
« Boya Omar saint des saints et marabout de l’extrême sagesse sans aucune indulgence » c’est ainsi que Tahar Ben Jelloun l’a qualifié dans « la prière de l’absent ». En revanche, il s’agit tout simplement de l’incarnation parfaite de l’enfer sur terre. Les corps y sont torturés, brulés, punis et attachés à la pierre et à l’arbre bénis par le seigneur. Les âmes effrayées et enragées des misérables détenus ne possèdent que les cris et les hurlements pour évacuer leurs peines et souffrances et chasser le diable qui arrive sans prévenir pour habiter leurs cœurs et ravager leurs esprits sans aucune clémence. 
Quelques jours, voire quelques semaines au sein de cet enfer, sont largement suffisants pour donner à notre ami le statut officiel d’un fou à la marocaine. Sa mémoire serait minutieusement effacée. Et ne retiendrait aucune trace de sa théorie des jeux et de son fameux équilibre.  Et une chose est sûre, notre ami John Nash n’aurait jamais l’occasion de décrocher le prix Nobel de l’économie, la plus prestigieuse consécration dans la vie d’un chercheur. Et ne serait jamais applaudi chaleureusement par un public de classe.
 Écrit le 22/11/ 2016


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