mardi 11 juin 2019

Peut-on considérer le CI (le commerce international) comme facteur favorisant la croissance économique ?


Peut-on considérer le CI (le commerce international) comme facteur favorisant la croissance économique ?
Pour répondre à cette interrogation, quelques arguments sont généralement avancés pour montrer la corrélation positive entre le CI et la croissance.
I.    Le CI permet la DIT qui accroit la productivité des facteurs et donc l’augmentation de la richesse globale
Il s’agit d’un argument très cher à Smith et Ricardo. Ces auteurs classiques pensent que le CI libre de toutes entraves est un facteur purement favorable à la croissance des économies nationales .de ce fait on dégage quelques points essentiels :
•    Le commerce international permet la DIT :
Au lieu de produire l’ensemble des biens et services dont il a besoin, un pays peut participer à l’échange international pour importer les biens qu’il ne produit pas, et exporter en contrepartie les biens en provenance des secteurs qui réalisent des surplus de production. C’est ce qu’on appelle la division internationale du travail.
La DIT permet à chaque pays de se spécialiser dans la production d’un bien ou service. Cela est susceptible d’accroitre la productivité globale. Dès lors que le commerce international permet la spécialisation, la stratégie idéale d’un pays serait de choisir un secteur ou des secteurs dans lequel les facteurs de production auront une productivité relativement supérieure par rapport à l’étranger. Cette stratégie permet de réaliser plus de richesse. Et si les autres partenaires observent la même politique, cela donne la possibilité d’importer à moindre coûts les biens et les services dont le pays en question aura besoin.
•    Chaque pays peut trouver sa place dans la DIT :
L’ouverture sur le CI entraine des inquiétudes suscitées par les craintes d’être dépassé par la concurrence dans tous les secteurs de production. Dans ce cas chaque nation risque de perdre sa place dans le commerce international. Ricardo essaie de montrer que ces craintes ne sont pas motivées. C.-à-d. qu’un pays est appelé à se spécialiser non pas dans la production d’un bien dont il dispose d’un avantage absolu sur ses rivaux, mais dans la production où l’avantage est plus grand. autrement dit, si un pays est capable de produire la totalité des biens et services dont il besoin, il a comme même intérêt à abandonner les secteurs dans lesquels il est moins efficace.
Cependant, il y a lieu de préciser que les avantages comparatifs ne sont pas donnés à perpétuité ni donnés à tout le monde. Ils sont construits avec le temps par politiques économiques qui succèdent. Ils ne sont pas attribués aux dotations en facteurs de production comme le prétendait la théorie HOS.
•    D’où viennent donc ces avantages comparatifs ?
Parfois, ils peuvent être procurés par la nature. Ainsi, on parle des nations riches en pétrole ou en métaux rares par exemple. Mais dans la plupart des cas, un avantage par rapport aux autres concurrents peut être le fruit d’une histoire et d’un processus de construction basé sur l’industrie, l’innovation et un travail très qualifié. C’était le cas de la Grande Bretagne. Mais durant le 19 siècle l’Allemagne et l’USA ont pu combler leur retard, on procédant à des politiques qui visent l’amélioration de la productivité industrielle.
Cela dit, un avantage n’est jamais durable ni stable. Il peut être favorisé, choisi via des politiques qui encouragent le développement et la recherche dans des secteurs industriels de pointe. Ces secteurs sont dotés de technologie très avancée capables d’entrainer des externalités positives pour le reste des activités économiques et donc booster le rythme de la croissance nationale.
II.    Le CI permet des économies d’échelle et donc une production à moindre coût :
Cet argument tente d’expliquer la relation positive entre le CI et la croissance non pas seulement par la spécialisation, mais aussi par la concertation industrielle.
•    « Vendre plus » entraine « produire plus »
Le CI permet aux entreprises de conquérir de nouveaux marchés et de nouveaux clients. Cette opportunité encourage la production. Cette augmentation de production facilite la réalisation des économies d’échelle et donc la baisse des coûts de production et donc de la richesse nationale.
•    La baisse des prix liée aux économies d’échelle augmente le pouvoir d’achat des consommateurs
Ainsi la baisse des coûts favorisée par les économies d’échelle se répercute sur les ventes des biens et des services. Les consommateurs verront ainsi leur pouvoir d’achat augmenté par la baisse des prix, peuvent acheter des quantités plus grandes. Cette demande accrue entraine une augmentation de l’offre. C.-à-d. de production. Ce qui renforce davantage les économies d’échelle. Il s’agit d’un « cercle vertueux » qui s’enclenche entre le CI et la croissance.
III.    Le CI accroit la diversité des produits st donc le choix du consommateur.
Le CI permet aux consommateurs d’accéder aux multiples biens de provenance étrangère avec des caractéristiques différentes des biens locaux (légumes, fruits, voitures …). Les différences se manifestent en termes de design, de qualité et de performance. Cela confère aux consommateurs des choix largement variés.
Conclusion
Il est évident que le CI génère des effets économiques favorables à la croissance économique. Ainsi, la baisse des coûts, la meilleure allocation des facteurs de production et les économies d’échelle, ces arguments ensembles contribuent à l’amélioration de l’économie nationale en termes de croissance et d’accumulation des richesses.
Il est légitime donc de poser la question suivante : pourquoi les Etats n’ôtent pas toujours pour l’ouverture la plus large des frontières et rendre possible la mobilité totale et libre des facteurs et des produits ?
On constate donc que le CI est loin d’être qualifié de libre .cela montre que le commerce n’a pas que des effets positifs. Et la protection des économies nationales s’impose dans la finalité de protéger les producteurs locaux les industries naissantes. 

Abdelhay Habibi.

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